Quel stylo choisir ?

Pour les enseignants, c’est le moment de passer les commandes pour l’année scolaire à venir, de rédiger la fameuse liste de fournitures qu’ils donneront aux familles à la rentrée.

Pour les parents, le contenu de la trousse de leur enfant trotte peut être déjà dans un coin de leur tête. 

Voici des conseils d’outils scripteurs testés et approuvés par les élèves du cabinet.

En début de maternelle...

Taille du crayon

En maternelle, il est vivement déconseillé de proposer de gros feutres ou craies grasses. Ces outils volumineux favorisent la tenue palmaire et ne facilitent pas le mouvement du pouce, moteur de l’écriture. Pour les activités de dessin libre qui sont nécessaires au développement de l’enfant, vous éviterez donc les crayons-boules et autres feutres très épais. L’idéal serait des feutres triangulaires mais il est difficile et onéreux d’en trouver sur le marché. 

Vue par ma collègue Laurence Pierson, sur le blog d’une maman, cette TPS de 2 ans et 5 mois qui manipule très bien un feutre fin alors que quand elle se sert de deux feutre (diamètre trop gros) elle passe automatiquement en prise palmaire.

Achetés dans le commerce ou faits maison avec du plâtre, il existe des supports pour les feutres. 

Capuchons de feutres et latéralisation

A noter le problème des capuchons de feutres : bien souvent, l’enfant saisit le capuchon pour l’enlever de sa main dominante. Si sa latéralité est bien déterminée, il changera ensuite le feutre de main pour dessiner. Mais si elle est encore hésitante, il risque de continuer à agripper le capuchon de sa main dominante et donc de dessiner de l’autre ! Ceci peut avoir des conséquences graves si l’enseignant croit alors, à tort, identifier un gaucher parce que l’élève dessine de la main gauche…

Le truc pour éviter cela : fixer les capuchons de feutres, à l’envers, sur un support. Ainsi, l’enfant prend son feutre en l’enlevant du capuchon et le range en le remettant dessus. Les feutres sont stockés « tête en bas », ce qui est meilleur pour leur conservation, et l’enfant a les deux mains libres. De plus, il ne peut pas ranger le feutre débouché.

Lees débuts de l'écriture : GS et CP

Grip 2001 de Faber-Castell

Lyra Groove Slim

Stabilo Easy Graph (version rouge droitier et jaune gaucher)

Staedler

Bic

Bic Matic Original Confort

Pour démarrer l’apprentissage de l’écriture, il me semble que l’outil le plus approprié est le crayon à papier. C’est l’outil le plus maniable, il permet de gommer en cas d’erreur (suivant les classes, l’enfant peut être autorisé à gommer lui-même ou bien seul l’enseignant est le « chef de la gomme », mais dans l’un et l’autre cas l’erreur est reconnue comme normale), il ne bave pas et ne fait pas de taches d’encre ! 

Encore faut-il choisir un crayon à papier à la prise en main facile. Un crayon rond risque de favoriser le glissement des doigts. On retrouve alors souvent des enfants qui écrivent avec les doigts sur la mine. Un crayon trop gras laissera facilement des traces si l’élève passe ses doigts sur le papier, un crayon trop sec risque de laisser une trace trop fine et de fouler, voire de trouer le papier. 

Je recommande donc des crayons de bonne qualité (ce n’est pas un bon poste pour faire des économies, d’autant que les crayons bas de gamme doivent etre remplacés beaucoup plus souvent) avec un corps triangulaire et une mine HB.

Un outil qui présente bien des avantages est le critérium. Celui de Bic, par exemple, avec son grip, facilite la tenue et avec ses 2 couleurs, permet à l’enfant d’avoir un repère pour placer ses doigts à bonne distance de la mine. Par ailleurs le critérium, dont la mine peut casser facilement, encourage l’enfant à gérer ses appuis…

Il existe également des crayons hexagonaux, qui sont plus faciles à prendre en main qu’un crayon totalement cylindrique, mais quand même plus difficiles à manipuler que les crayons triangulaires. Dans la mesure où nous voulons que les enfants prennent leur crayon avec trois doigts – pouce, index et majeur – il me semble plus logique de leur proposer des crayons triangulaires.

L'écriture courante : de la fin du CP au CM2

Une fois l’apprentissage du geste d’écriture consolidé, la question de l’outil se pose à nouveau. A mon sens, le crayon ne doit généralement être mis de côté qu’à la fin du CP, voir plus tard pour certains, lorsque les élèves écrivent sur des cahiers Seyès 2 mm. Une fois le paramètre « lignage » installé, on peut jouer sur le paramètre « outil scripteur ».

Dans ma classe, je donnais un bon de stylo (qui était matérialisé par une simple gommette de couleur collée sur le cahier du jour) à tout élève présentant deux pages consécutives impeccables dans son cahier du jour. Si jamais, passé une petite période d’adaptation, l’utilisation du stylo engendrait pâtés et vilaine écriture, je retirais le bon de stylo (en collant une gommette de couleur barrée) de manière provisoire. Certains élèves ne passaient donc pas au stylo avant le CE1 ou même le CE2.

"4 couleurs"
Papermate Inkjoy M
Scheinder Slider Edge XB
Stabilo Fun
Scribolino Faber-Castell
Pélikan Griffix Roller
Griffix plume
Lamy ABC
Lamy Safari
Faber-Castell Scribolino

Les stylos à bille

Pour pouvoir écrire, un stylo à bille doit être tenu plus ou moins verticalement. Si on le tient allongé, comme un stylo à plume, seul le côté de la bille est en contact avec la feuille et il n’écrit pas, ou écrit mal. C’est pourquoi il est plus difficile d’obtenir une bonne tenue de crayon et une pression satisfaisante avec un stylo à bille qu’avec un stylo à plume ou un roller.

Très fréquent dans les trousses, mais tellement mauvais pour la tenue comme pour la gestion des appuis, l’indémodable stylo «4 couleurs» est à éviter. La grosseur du corps du stylo pousse le jeune scripteur à poser son majeur sur le côté et non plus sous le stylo. Sa mine bille entraîne indéniablement une verticalisation de l’outil, source de crispation.

 Parmi les stylos à bille triangulaires, on trouve les Papermate Inkjoy (pointe Médium) et les Schneider Slider Edge XB. Les deux existent en de multiples couleurs et offrent un bon confort de glisse. Le Schneider, à mon avis, a un trait plus lisse. Il faut essayer !

Pour ceux qui maitrisent leurs appuis, les pointes feutres fines telles que celles proposées par Stabilo (Easy ou Fun pointe 0,3 ou 0,5) conviennent parfaitement. La finesse du trait est un avantage pour les enfants qui écrivent encore un peu trop gros.

Les stylos à mine «tube» comme les Pilot V5 ou V7, sont également d’excellents outils. Il faut cependant s’assurer que l’enfant maitrise sa pression car il risque de plier le tube.

Les stylos roller tels que ceux que proposent Schneider, Faber-Castell ou Pentel sont très souvent sollicités par les enfants en fin de rééducation. Leur encre liquide et leur pointe souple favorisent un tracé fluide et un débit d’encre idéal, même pour les jeunes écritures.

Point non négligeable : certains sont effaçables !

Les stylos à bille effaçables avec une «gomme» (frixion ou papermate) peuvent parfois convenir aux jeunes élèves. Cependant, je remarque qu’ils n’obtiennent pas les faveurs des enfants rééduqués…

Les stylos à plume

Pour un enfant qui ne maîtrise pas le geste d’écriture, le stylo à plume peut représenter un véritable calvaire. il faut donc s’assurer, avant de proposer à ses élèves d’écrire au stylo à plume, de leur bonne tenue et de leur connaissance de la cursive. Une fois le geste bien maîtrisé, le stylo à plume représente probablement le meilleur confort pour celui qui écrit et l’écriture la plus agréable à lire. Il ne me semble cependant pas pertinent de l’imposer à toute une classe, en particulier à ceux des élèves qui auraient déjà du mal à éviter les pâtés au roller ou au bille… Le stylo-plume me semble devoir rester une sorte de luxe que l’on s’offre pour se faire plaisir !

Pelikan propose également un stylo à plume pour débutant, spécialement conçu pour les enfants de CP-CE2 : le Griffix, dont j’ai déjà parlé à propos des rollers. La position des doigts y est parfaitement indiquée, avec des guide-doigts beaucoup plus marqués. La plume est à moitié encastrée dans le corps du stylo, pour renforcer sa solidité. Il comporte un smiley qui plaît beaucoup aux enfant.

Au cabinet, le succès des stylos Lamy ne se dément pas. Ils ont pour inconvénient de fonctionner avec des cartouches spécifiques, qu’il faut penser à se procurer.Les deux modèles les plus choisis sont le Lamy ABC et le Lamy Safari. Le Lamy ABC est spécialement conçu pour les élèves des petites classes. Il est très agréable à prendre en main. Le design en bois et plastique est très apprécié. Il existe en théorie pour droitier et pour gaucher, mais je n’ai jamais réussi à identifier la différence entre les deux et il peut être utilisé des deux mains. Le Lamy Safari est plutôt conçu pour les élèves de cycle 3 et de collège. Il a un excellent confort de glisse et une fenêtre pour contrôler le niveau d’encre.Un autre grand succès est le Faber Castell Scribolino, qui lui est bien différent pour droitier et pour gaucher. Il comporte également des hublots pour voir le niveau d’encre, sa plume glisse très bien et la prise en main est aisée. Les cartouches utilisées sont standard. Je le recommande tout au long de l’école élémentaire.

En conclusion

Ce petit aperçu des outils scripteurs n’est bien entendu pas une liste exhaustive…

Je vous conseille d’avoir dans votre classe un pot à crayons avec une dizaine de bons outils scripteurs que l’enfant pourra tester lorsqu’il sera prêt à quitter son critérium ou son crayon à papier. 

Comme pour les lunettes ou les chaussures, ce qui convient à l’un ne conviendra pas forcément à l’autre… Aussi, prévoir un achat groupé de 30 stylos d’une même marque n’est assurément pas idéal.

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